[COMMUNAUTÉ] Portrait de Rajeev Mylapalli, chercheur, ingénieur et entrepreneur
Rajeev Mylapalli vient d’Inde qu'il quitte pour travailler à Dubaï, au Chili et en Turquie. Ingénieur, il co-fonde aussi une startup. Au Learning Planet Institute, Rajeev mène son travail de recherche en PhD et construit robots et programmes avec une approche centrée sur l’humain.
17 06 2022
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CONTRIBUER AU BIEN COMMUN PAR LA TECHNOLOGIE

Rajeev Mylapalli vient d’Anakapalli, une petite ville du Sud de l’Inde. Il la quitte pour aller à l’université et travailler sur différents projets en Inde, à Dubaï, au Chili et en Turquie. Ingénieur, il travaille pour les secteurs privé et public, et co-fonde même une startup. Au Learning Planet Institute, Rajeev a trouvé un endroit au sein duquel il peut mener son travail de recherche en PhD, et construire robots et programmes avec une approche centrée sur l’humain, pour l’éducation et la détection du stress. Rencontre.


Anakapalli est une petite ville de l’Andhra Pradesh, au sud de l’Inde. C’est ici que Rajeev Mylapalli a grandi. Ses parents n’ont pas fait d’études supérieures et la famille fait partie de la caste “Mala”, une des castes répertoriées (scheduled castes) considérées comme Intouchables. « Dans les petites villes, on sent vraiment la pression sociale et le système de castes, c’est très lourd ». Rajeev, ses deux sœurs et son frère vont à l’université. Aujourd’hui, l’un d’entre eux est docteur, et les autres occupent des positions managériales dans des entreprises privées.

Rajeev fait son bachelor en ingénierie électronique et communicationnelle en Inde, avec un stage à Delhi dans une startup. Il travaille alors à la conception de robots pour l’éducation. Jeune diplômé, il s’envole pour Dubaï. C’est la première fois qu’il quitte son pays natal. « Cette première expérience internationale a été une étape clé dans ma construction». À Dubaï, Rajeev travaille en tant qu’ingénieur en recherche et développement pour le Knowledge Hub, qui a pour but de transformer la salle de classe traditionnelle en un environnement dynamique pour les apprenants grâce aux nouvelles technologies. Rajeev conçoit des robots éducatifs et développe des curriculums sur la robotique pour les écoles et les collèges. Il crée aussi des modules pour gamifier la classe « Je me sentais réellement à ma place dans cette expérience. J’avais l’impression de contribuer du mieux que je pouvais. » Deux ans plus tard, Rajeev met ses compétences techniques au service d’une société de technologies à Dubaï, avant de créer sa propre société avec trois autres cofondateurs.

Mettre en avant la créativité, la curiosité et la connaissance pour ceux qui veulent construire leur propre technologie

Dans la continuité du parcours de Rajeev, Junkbot naît donc naturellement en 2014. La startup fabrique des kits qui permettent aux jeunes et aux moins jeunes de créer et de construire des robots à partir de rien. « Notre idée ? Construire des robots doit être aussi simple que faire un puzzle. Notre kit met en avant la créativité, la curiosité et la connaissance pour ceux qui veulent construire leur propre technologie, et pas simplement l’acheter. ». Rajeev est ravi de ce projet, qui lui permet d’approfondir sa connaissance du secteur de l’éducation.

Au cours de cette expérience entrepreneuriale, qui dure presque six ans, Rajeev continue à voyager et s’installe au Chili, où son projet a été repéré. Il est alors entrepreneur en résidence, soutenu par un programme gouvernemental. Rajeev en profite aussi pour faire du volontariat avec English Open Doors, pour apprendre l’anglais aux jeunes Chiliens. Passionné de randonnée, il explore son nouveau pays d’accueil, et crée un tee-shirt connecté pour lutter contre les problèmes de posture, qui peuvent générer des douleurs musculaires ou articulaires.

Décidément, Rajeev ne s’arrête pas. Et il utilise son savoir-faire technique pour construire des objets ou des technologies à impact, pour améliorer les apprentissages ou contribuer au bien-être et à la santé des individus. « Je sais comment construire des choses. Je m’appuie sur ce talent pour apporter ma pierre à l’édifice. »

En 2018, Rajeev travaille aussi avec le gouvernement de Turquie, où il contribue à des programmes éducatifs sur les robots et la programmation. « C’était beaucoup plus conventionnel que mes autres expériences, mais c’était très intéressant. Et un jour, mes amis turcs m’ont parlé d’un programme interdisciplinaire à Paris, le CRI (aujourd’hui, Learning Planet Institute) ».

Ici, il n’y a pas de raison que l’on échoue. On explore et on apprend seulement.

Rajeev fait alors ses propres recherches sur internet et se renseigne. « « Sciences de l’éducation »,  « startups », « sciences apprenantes », cela a tout de suite résonné ! Et je ne regrette pas, je me sens vraiment à la maison ici, c’est un nid douillet composé d’une communauté intellectuelle d’excellence. »

Au Learning Planet Institute, Rajeev fait un stage de recherche, au cours duquel il développe un modèle d'apprentissage automatique pour identifier le stress grâce à différents biomarqueurs. Il conçoit aussi des capteurs portables pour repérer les postures physiques de stress. « L’équipe du Makerlab m’a beaucoup soutenu dans ma recherche. Roberto Toro et Kevin Lhoste me donnent de grandes libertés. Ici, il n’y a pas de raison que l’on échoue. On explore et on apprend seulement. »

Après avoir abordé la question du stress dans d’autres stages et au MakerLab, Rajeev est aujourd’hui étudiant à l’École doctorale FIRE. Son sujet : l’utilisation de dispositifs portables et de l'intelligence artificielle pour aider les sujets atteints de troubles neurodéveloppementaux. Rajeev se concentre en particulier sur les enfants autistes, et cherche à identifier leurs facteurs de stress et leurs émotions. Il travaille au Learning Planet Institute, à l’Institut Pasteur, et en lien avec l’hôpital Robert Debré, qui dispose d’un centre éducatif sur l’autisme. Rajeev s’appuie sur les retours d’un comité d’enfants autistes, de parents et de professeurs, qui lui permettent de mieux comprendre leur vécu. « Pour l’instant, j’ai mis en place deux expériences : des capteurs pour comprendre les mouvements des mains en situation de stress - grâce à l’utilisation d’une interface cerveau - ordinateur ; mais aussi la façon de s’asseoir etc. quand on est stressé ».

Passionné par la détection et la réduction du stress, Rajeev est heureux de travailler sur le sujet « Si mon travail a une influence sur la façon de comprendre et de quantifier le stress, cela pourra avoir un impact sur la santé mentale et physique des gens, et j’aurai atteint mon but », dit-il avec joie. Pendant son PhD, il collabore avec l’Institut Médico Éducatif (IME) Cours de Venise qui utilise des méthodes innovantes en classe.

Rajeev ne manque pas non plus d’idées pour le Learning Planet Institute. Il a un projet de plateforme entre l’institut, des startups et des ONG pour échanger informations et données plus facilement, et casser les silos. « L’écosystème est stimulant, l’enjeu est maintenant de mettre les gens autour de la table…», explique-t-il. Pas étonnant que les inspirations de Rajeev soient des chercheurs comme Louis Pasteur, mais aussi des entrepreneurs comme Steve Jobs…


Un portrait de Marie OLLIVIER

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