Katja Heuer et Roberto Toro, Human tractography unfolded spherical model, 2020
Des talents du Learning Planet Institute à la Biennale Internationale Design de Saint-Étienne
Du 6 avril au 31 juillet 2022, dans le cadre de la Biennale Internationale Deisgn de Saint-Étienne, l'exposition “Le Monde, sinon rien, Pour un Bauhaus du Vivant” mobilise de nombreux·se·s chercheur·se·s et étudiant·e·s qui évoluent au sein du Learning Planet Institute.
13 04 2022
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Du 6 avril au 31 juillet 2022, sept expositions autour du thème des “Bifurcations” seront dévoilées à l’occasion de la 12e Biennale Internationale Design Saint-Étienne. L’une d’elle, “Le Monde, sinon rien, Pour un Bauhaus du Vivant” mobilise de nombreux·se·s chercheur·se·s et étudiant·e·s qui évoluent au sein du Learning Planet Institute.

Depuis mars 2020, la France a bifurqué en un temps record”. Pensée comme l’illustration de nos écarts de parcours et comme la démonstration des enjeux contemporains du design, “Bifurcations” mobilise de nombreux membres du Learning Planet Institute (étudiants, designers, chercheurs et makers) autour d’une exposition : Le Monde, sinon rien, Pour un Bauhaus du Vivant.

UNE EXPOSITION QUI RÉSONNE AVEC LES ENGAGEMENTS DE LEARNING PLANET INSTITUTE : NAVIGUER ENTRE LES DISCIPLINES, APPRENDRE PAR LE FAIRE, S’ENGAGER POUR L’ENVIRONNEMENT

En écho à la Staatliches Bauhaus, une école créée par l’architecte, designer et urbaniste allemand Walter Gropius pour des artistes et des artisans capables de donner du sens à une époque bouleversée, l’exposition Le Monde, sinon rien, Pour un Bauhaus du Vivant rassemble artistes et scientifiques autour des bouleversements induits par l'anthropocène (ère dans laquelle l’être humain modifie de manière durable son environnement.)

L’exposition qui s’appuie sur la mise en réseau d’écoles et de laboratoires entre en résonance avec le Learning Planet Institute, tiers-lieu au carrefour des sciences, du numérique et des apprentissages, liés par les engagements environnementaux.

La participation du Learning Planet Institute est venue de l’idée de rapprocher scientifiques et designers dans un même principe d'écoles de création.” Ainsi, il était logique pour Sophie Pène, commissaire de l’exposition, de créer des ponts entre l’Institut et la Biennale. Le Learning Planet Institute, armé de sa volonté de transformer l’éducation via l’apprentissage par le faire et l’action pour permettre à chacun d’agir directement sur son environnement local et global. L'ancienne directrice du Master AIRE d’Université Paris Cité, hébergé au Learning Planet Institute a su donner un espace d’expression aux talents qu’elle avait rencontrés à l’Institut, en accord avec l’ambition artistique de la Biennale.

Sophie Pène ajoute : “J’en profite pour remercier mon co-commissaire, Benjamin Graindorge, designer, scénographe et enseignant à l’Esadse. Je souligne aussi la confiance dont a fait preuve Thierry Mandon, directeur de la Cité du design, ancien secrétaire d'Etat de l'Enseignement supérieur et de la recherche, en François Taddei et dans les équipes du Learning Planet Institute pour compléter l'approche des designers sur les apprentissages.”

CINQ TOTEMS POUR METTRE EN LUMIÈRE LES PROJETS OPEN SOURCE ET INTERDISCIPLINAIRES DES CHERCHEURS, ÉTUDIANTS ET MAKERS

L'exposition se décline en cinq grands “totems” :

· Fantômes rappelle la place du passé et des héritages dans lesquels s’ancrent les explorations.

· Polyphonie est le terme qui traduit la vie sensorielle d’un territoire. Il y a des sons, des chants, des voix. La polysensorialité est le signe que des mondes vivants coopèrent en interdépendance, en émulation et, parfois, en tension.

  • Bird songs for human(e) voices de Pauline Provini (UMR U1284, Université Paris Cité - Inserm, Learning Planet Institute) fabrique un appareil pour rendre leurs voix aux humains en étudiants comment les oiseaux chantent.
  • Capteurs du MakerLab par Adrien Husson, Joël Chevrier et Kevin Lhoste. Depuis 10 ans, au MakerLab du Learning Planet Institute, tous les arrivant·e·s sont invité·e·s à utiliser Movuino, un capteur de mouvement open source, pour leur initiation à la conception d’objets connectés. Découvrez 3 ans de recherche d’Adrien Husson, designer chercheur, dans l’équipe de recherche de Joël Chevrier, Professeur de physique (Université de Grenoble et UMR 1284, Université Paris Cité - Inserm, Learning Planet Institute) et soutenu par Kévin Lhoste, chercheur, maker et manager du MakerLab.
  • Le Sensitive Pen par Ana Phelippeau et Adrien Husson reprend le design du Bic® 4 Couleurs. Familier et discret, il intègre un capteur Movuino, qui enregistre l’écriture, la posture et la préhension de la main, la pression sur la mine. Sensitive Pen facilite des diagnostics des troubles de l’écriture, chez les enfants ou les adultes. La neurologie, le design et le making s’unissent pour des solutions légères à des problèmes de santé.
  • La Lampe RGB (Red-Green-Blue) d’Adrien Husson. Un capteur de mouvement commande les changements de couleurs de la lampe. L'utilisateur joue avec la synesthésie mouvement - couleur.
Adrien Husson, Lampe RGB

· Territoire désigne la forme issue des enquêtes, il s’agit de l’espace esthétique, mental ou physique où l’on vit et dont on vit.

  • Transbiome, Clara Lehenaff et Bastian Greshake Tzovaras. Les femmes trans qui ont recours à la chirurgie génitale d'affirmation ont un nouvel organe - le néovagin - avec de véritables besoins gynécologiques. En effet, chaque partie de notre corps contient bactéries et champignons, qui constituent normalement une écologie saine de microbes - nos "microbiomes". Ainsi, les deux chercheuses étudient ce qu'est un microbiome "normal" pour une femme trans.
  • The Brain Project, Katja Heuer et Roberto Toro et Vaibhav Sahu
    The Brain Project illustre un domaine de recherche en science ouverte, l’open data de la neuro-anatomie. Les cerveaux (humains ou animaux) sont modélisés par Katja Heuer et Roberto Toro (Pasteur, anciennement UMR U1284, Université Paris Cité - Inserm, Learning Planet Institute) à partir de millions de données de connexions. Leur doctorant, Vaibhav Sahu (École doctorale FIRE, Université Paris Cité, Learning Planet Institute), a fabriqué une machine optique qui permet l’analyse visuelle de couches de données. Les recherches contemporaines transforment notre imaginaire des organes.
Katja Heuer et Roberto Toro, Human tractography unfolded spherical model, 2020

· Enquête évoque le travail créateur dans les écoles d’art et design, dans les laboratoires de recherche où chacun·e part d’une curiosité ou d’une question puis mène son expédition en cherchant des sources et des analogies.

· Diplomatie rappelle que la traduction et l’accompagnement sont une fonction de l’activité créatrice. Cela, principalement dans un monde en transformation, où certain·e·s - majoritairement les plus jeunes - captent des alertes, des traces, des pistes que tout le monde ne perçoit pas encore. Les mondes révélés par des jeunes créateur·ice·s et chercheur·e·s rendent sensibles des possibilités que l’on peut, à son tour, ressentir et s’approprier pour ses propres intentions et projets.

  • Open Dialysis de Chetan Kumar Velumurugan (École doctorale FIRE, Université Paris Cité, Learning Planet Institute). La maladie rénale chronique (MRC) tue chaque année 1,5 millions de personnes. La dialyse fait partie des traitements essentiels. Or les appareils sont trop chers pour de nombreuses régions du monde. Open Dialysis est un système de dialyse open source et low-cost.
  • La boîte à moustique, ou Bitoscope par Félix Hol, biophysicien à l’Institut Pasteur et à l’UMR U1284 (Université Paris Cité - Inserm, Learning Planet Institute). Cette boîte analyse la rationalité des choix des moustiques à travers l’observation de leurs comportements lors d’une piqûre (déambulation, exploration de la peau, choix de l’endroit où percer la peau). C’est un appareil simple, fabriqué à faible coût au MakerLab par Félix Hol avec Kevin Lhoste.
  • Stress Detection par Rajeev Mylapalli (École doctorale FIRE, Université Paris Cité, Learning Planet Institute). C’est un prototype qui permet d’auto-contrôler son niveau de stress : deux piles, une plaque Arduino, un capteur Movuino et un bracelet montre imprimé au MakerLab.
Chetan Kumar Velumurugan, Open Dialysis

A noter que Marion Voillot (École doctorale FIRE, Université Paris Cité, Learning Planet Institute, IRCAM-STMS et l’ENSCI-Les Ateliers) animera aussi un atelier dans le cadre de la Biennale, le mercredi 13 avril autour du CoMo.education, développée au sein de l'IRCAM est destinée aux enseignant·es et élèves de maternelle afin de raconter des histoires sonores et en mouvement. L’objectif de cet atelier est de sensibiliser les acteurs et actrices de l’éducation à la question de l’intégration du numérique à leurs pratiques pédagogiques.

Le Monde, sinon rien” facilite et amorce une école virtuelle de re-création en mettant en réseau des écoles, des laboratoires et des ateliers de différents champs disciplinaires. Les étudiant·e·s viennent s’ancrer dans un état du monde et affirment leur capacité à redessiner les objets du monde pour des êtres humains et non humains, des êtres vivants et non vivants.” Une volonté qui n’est pas sans rappeler celle du Learning Planet Institute, fier de voir autant de talents et de projets mis en avant lors de cette 12ème Biennale Internationale Design à St Etienne.


Informations pratiques

du 6 avril au 31 juillet

Lieu
Cité du design
Bâtiment H
3 rue Javelin Pagnon
42000 Saint-Étienne

Horaires
Mardi au dimanche, 10h - 18h
Samedi, 10h - 20h

Commissariat
Benjamin Graindorge – École supérieure d’art et design de Saint-Étienne
Sophie Pène – Learning Planet Institute

Liens
Site de la Biennale
Site de l'exposition : "Le Monde, sinon rien, Pour un Bauhaus du Vivant"